Une enquête publique a été ouverte le 23 janvier au sujet de l’épandage de boues provenant d’une station d’épuration qui traite une partie des eaux usées de l’Ouest et du Nord parisiens. Ce projet concerne 62 communes de Seine Maritime, dont une partie dans la vallée de l’Yères, soumise à d’importants problèmes de ruissellement. La Confédération paysanne de Seine Maritime s’inquiète des éventuelles répercussions d’épandage de boues, sur la nappe phréatique et sur la qualité environnementale de la vallée.

N’oublions pas que toutes les terres agricoles de Seine Maritime sont déclarées « zones vulnérables au niveau des nitrates ». Alors, pourquoi le rapport remis par l’hydrogéologue, chargé d’étudier les possibilités d’épandage sur des terrains en pente, est-il passé de négatif à positif en 8 joursj ? De plus, la teneur en métaux lourds de ces boues est très proche du plafond imposé et les épandages successifs sur une même parcelle tous les trois ans feraient largement dépasser ces normes.

La Confédération paysanne met en garde les agriculteurs sur les conséquences de ces boues : les usines de conserve de légumes excluent les terres ayant reçu des boues, la sucrerie a du multiplier les contrôles qualité à la demande de ses clients industriels et les négociants réclament des analyses de métaux lourds avant de conclure des contrats (orge de brasserie…).

La Confédération paysanne demande un rapport plus complet sur les conséquences environnementales de tels épandages.

Et une question reste en suspens : Que va-t-on faire des boues locales, que nous devons épandre selon certains projets ?

Plus grave, quelle n’a pas été la surprise des associations environnementales en découvrant, avant même la clôture de l’enquête publique, que des monticules de boues étiquetées au logo de la SIAPP, étaient déjà présents dans des champs de Gouchaupré ?

La Confédération paysanne dénonce cette façon d’agir en catimini et va interpeller le préfet sur ce sujet.