C'est un billet sur une info qui n'est pas très récente, vu qu'elle est tirée d'un article du « Journal du Trait » du 31 janvier 1924.

Il ne savait plus ce qu'il faisait !

Le 21 courant, alors qu'elle s'apprêtai à aller rentrer ses deux chèvres qui se trouvaient au piquet dans une prairie en bordure de la forêt du Trait, Mme Billion (habitant la commune de Yainville), constata que l'une d'elles âgée de 4 ans avait disparu. La corde avait été coupée, il ne restait plus que le tiers.
Les soupçons, bien fondés, comme on va le voir par la suite, se portèrent sur un individu, ouvrier d'usine, qui avait été aperçu par elle et plusieurs de ses voisins, rôdant où plutôt divaguant en état d'ivresse aux alentours de sa maison.
Vers 15 heures, cet homme s'était présenté cher M. Reniéville, débitant, pour arroser de nouveau son gosier en pente, mais il avait essuyé un refus.
Comme il était trop tard pour avertir la gendarmerie, Mme Billion attendit, quand - oh surprise ! - vers 21 heures, la chèvre fit son apparition... dans un état déplorable, couverte de boue jusqu'au dos, elle avait dû être violemment brutalisée, car elle était très effarouchée. De plus, après l'avoir examinée de plus près avec son mari, Mme Billion remarqua que la pauvre bête avait dû être l'objet de manœuvres Infectes de la part de l'individu qui l'aurait emmenée.
Mme Billion porta plainte a la gendarmerie de Duclair qui ouvrit aussitôt une enquête et un vétérinaire fut demandé; il reconnut les faits sus-énoncés.
Habilement menée, l'enquête ne tarda pas à faire découvrir l'auteur de cette bestialité dont nous voulons même taire le nom, de Barentin, ouvrier aux Ateliers et Chantiers de la Seine Maritime [1], au Trait.
Tout d'abord, lorsque les gendarmes l'interrogèrent, il nia énergiquement, mais, pressé de questions, bien cuisiné. Il passa des aveux : « Je vois que je ne puis me tirer de cette affaire, car j'ai été vu par trop de personnes. C'est bien moi qui suis allé vers la chèvre. Je ne savais ce que je faisais, j'étais pris de boisson, j'étais comme un fou... »
Il a offert de payer le préjudice qui pourrait être causé par la suite à Mme Billion.

Notes

[1] de la Seine Maritime et non pas de la Seine-Maritime, car à l'époque nous étions encore en Seine-Inférieure !