Le philosophe et enseignant Alain Etchegoyen, ancien commissaire général du Plan de 2003 à 2005, est décédé hier au Mans, à l'âge de 55 ans des suites d'un cancer.
Diplômé de l'ENS de la rue d'Ulm, d'une maîtrise sur la thermodynamique sous la direction de Michel Serres et d'une agrégation de philosophie, Alain Etchegoyen a commencé sa carrière au CNRS. Il a enseigné en classe préparatoire à Louis-le-Grand, mais aussi dans un lycée professionnel de Gennevilliers (Hauts-de-Seine).
Puis il a été chargé de mission au ministère de la recherche et de la technologie (dans le gouvernement Jospin, où il avait travaillé avec Ségolène Royal), puis nommé commissaire au Plan par Jean-Pierre Raffarin, alors Premier ministre, il en avait été limogé de façon expéditive par Dominique de Villepin à l'automne 2005.
Né le 16 novembre 1951 à Lille, père de 6 enfants, Etchegoyen est l'auteur d'une vingtaine de livres, dont « L'Entreprise a-t-elle une âme? » (1990), « La Valse des éthiques » (prix Médicis essais 1991), « Eloge de la communication insupportable » (1992), « La Démocratie malade du mensonge » (1993), couronné du Grand prix de l'Académie française.
Il a obtenu le prix Blaise Pascal en 1999 pour « La vraie morale se moque de la morale », essai philosophique déjà entrelardé de textes sur la nourriture.
Il est également l'auteur, avec Jean-Jacques Goldman, de « Les pères ont des enfants », dialogue de deux pères sur l'éducation paru en 1999. (Réflexions de deux pères, l'un philosophe l'autre chanteur, sur le rôle primordial des pères dans une société en constante évolution. Ils abordent différents thèmes qui les ramènent invariablement à l'éducation et à la famille.)
Son dernier livre, publié en 2007, était un roman policier, « Meurtre à la virgule près ».
Alain Etchegoyen sera inhumé samedi à Vatteville-la-Rue (dans le canton de Caudebec-en-Caux), où il avait une maison et rédigé une bonne partie de son oeuvre.

TF1
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