« La dictature des nuisances sonores traduit la dégradation croissante du lien social. C’est une forme de terrorisme « soft » au quotidien. »
Jean-Michel DELACOMPTEE, Maître de conférences à Paris VIII.
(Extrait Le Monde du 7 novembre 2002)

Le bruit est devenu un problème de société et de santé publique. Les Conseils de Quartier de Rouen en ont pris conscience au fur et à mesure de leurs rencontres avec les habitants, constatant qu’il s’imposait comme un élément majeur de notre environnement. C’est ainsi, qu’après deux années de réunions et de concertations, notre action a pu atteindre un premier objectif avec l’exploitation de l’enquête « Notez le bruit » conduite dans tous les quartiers de la ville.

Ce n’est qu’un début, et la partie la plus facile, car le sujet est complexe, moins par sa nature que par les a priori qui l’entourent. Malgré leurs effets nocifs et reconnus, sur les plans physiologique, psychologique et social, dans leurs manifestations les plus constantes et les plus agressives, les nuisances sonores sont l’objet de réserves et de controverses (où les gêneurs seraient plutôt les plaignants), ainsi que d’une réticence des pouvoirs locaux à intervenir pour faire respecter les lois et les règlements qui les régissent. Ceci au nom de considérations générales d’ordre politique, social, économique ou juridique qui confèrent, implicitement, plus de justifications aux positions des « nuiseurs » qu’à celles de leurs victimes.